Info. Agri: Forum sur les systèmes alimentaires africains à Kigali : la République centrafricaine renforce sa mobilisation pour une agriculture productive, inclusive et résiliente

Du 31 août au 4 septembre 2026, la République centrafricaine a pris part au Forum sur les systèmes alimentaires africains (AFSF 2026), organisé à Kigali, au Rwanda, autour du thème : « Investir dans les systèmes agroalimentaires africains : créer des emplois, nourrir les nations et renforcer la résilience. » Conduite par le Professeur Emmanuel MBETID-BESSANE, Ministre de l’Agriculture et du Développement rural, la délégation centrafricaine a porté les priorités nationales relatives à la production alimentaire, à la recherche, aux semences, à la mécanisation adaptée, à la transformation locale, à l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes, ainsi qu’à la mobilisation de financements et de partenariats. Les échanges techniques, ministériels et bilatéraux ont permis de consolider des perspectives de coopération avec plusieurs institutions africaines et internationales.

Le Forum de Kigali, un cadre de mobilisation africaine

Le Forum sur les systèmes alimentaires africains 2026 a réuni à Kigali des dirigeants, décideurs publics, chercheurs, investisseurs, organisations professionnelles, entreprises agroalimentaires, partenaires techniques et financiers ainsi que des représentants de la société civile venus de plus de cinquante pays.

Cette rencontre continentale a mis l’accent sur la nécessité de faire de l’agriculture un levier de souveraineté alimentaire, de création d’emplois, de croissance économique, de stabilité sociale et de résilience face aux chocs climatiques, économiques et sécuritaires.

Les échanges ont souligné l’importance d’investissements structurants dans la production, la mécanisation, l’irrigation, les semences, les infrastructures de stockage, la transformation locale, les marchés ruraux, la recherche et l’innovation. Le Forum a également rappelé l’enjeu de l’implication accrue des jeunes et des femmes dans les chaînes de valeur agroalimentaires.

Les discussions ont par ailleurs fait référence à la Déclaration de Kampala et au Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (PDDAA), en appelant les pays à mieux intégrer les priorités agricoles dans leurs instruments de planification nationale, à renforcer les mécanismes de redevabilité et à favoriser l’alignement des partenaires sur les priorités définies par les États

Jour 1: Participation à la table ronde des chercheurs pour mettre l’accent sur les investissements majeurs dans la transformation agro-alimentaire en Afrique

Une ouverture placée sous le signe de l’action

Ouvert le 31 août 2026 à Kigali, au Rwanda, par le Premier ministre rwandais, le Forum a été marqué par un appel en faveur du passage des engagements à l’action concrète. Les interventions d’ouverture ont insisté sur la nécessité de considérer l’agriculture non comme une activité de dernier recours, mais comme un secteur stratégique, innovant et créateur d’opportunités économiques, particulièrement pour la jeunesse africaine.

La cérémonie d’ouverture a également rappelé le paradoxe auquel le continent demeure confronté : l’Afrique dispose d’importantes terres arables et de ressources naturelles considérables, tout en restant dépendante des importations de produits alimentaires. Dans ce contexte, les investissements dans l’irrigation, la mécanisation, les semences, la recherche, les infrastructures de stockage, la transformation et l’accès au financement des petits producteurs apparaissent comme des conditions essentielles pour renforcer la souveraineté alimentaire du continent

Une délégation centrafricaine mobilisée

La délégation de la République centrafricaine était conduite par le Professeur Emmanuel MBETID-BESSANE, Ministre de l’Agriculture et du Développement rural.

Elle comprenait la Directrice de la Sécurité alimentaire et de la Nutrition, Mme Armelle SIOPATHIS qui assure également la fonction de Rapporteur général de la Coordination nationale du système alimentaire et de la nutrition, ainsi que les membres de cette Coordination : M. Léon BAIKOUA, Coordonnateur national ; Dr Abel KPAWILINA, Coordonnateur en matière de systèmes alimentaires ; et Dr Nicaise NDONIDE, Rapporteur général adjoint.

La délégation comptait également M. Abdou SAIDOU, Expert en systèmes alimentaires de l’ONG Welthungerhilfe (WHH), ainsi que M. Jean-Luc TETE, Président-directeur général de la Société des Industries Agricoles Durables en Centrafrique (SIAD-CA). Ce dernier a notamment facilité plusieurs rendez-vous bilatéraux avec les partenaires techniques et financiers présents au Forum.

Cette configuration a illustré une démarche associant les pouvoirs publics, les instances nationales de coordination des systèmes alimentaires, les partenaires techniques et financiers ainsi que le secteur privé. Elle a permis de porter une vision intégrée de la transformation du secteur Agro-Sylvo-pastoral centrafricain.

Les priorités portées par la RCA

Au cours des différentes sessions, la délégation centrafricaine a défendu une approche de transformation fondée sur l’augmentation durable de la production, l’amélioration de la productivité, la valorisation des ressources locales et la création de valeur ajoutée au bénéfice des populations rurales.

La République centrafricaine dispose d’un potentiel agricole considérable, estimé à environ 15 millions d’hectares de terres agricoles disponibles, d’importantes ressources en eau ainsi que de vastes potentialités pastorales et forestières. Toutefois, environ 700 000 hectares seulement seraient mis en valeur chaque année. L’enjeu est donc de transformer ce potentiel encore sous-exploité en production agricole accrue, en emplois, en revenus, en transformation locale et en résilience.

La vision nationale s’appuie notamment sur le Plan national de développement 2024-2028, la Feuille de route nationale des systèmes alimentaires 2025-2030, le Pacte national pour l’alimentation et l’agriculture ainsi que le Plan de convergence entre systèmes alimentaires et action climatique.

À travers le Pacte national pour l’alimentation et l’agriculture, la République centrafricaine ambitionne de mettre en valeur 215 000 hectares supplémentaires de cultures vivrières prioritaires, notamment le manioc, le maïs, l’arachide et le riz. Cette dynamique doit s’accompagner du développement de l’agriculture familiale, de l’élevage, du pastoralisme, de l’irrigation, de la mécanisation adaptée, des services de conseil agricole, du stockage, de la transformation et de la commercialisation.

La délégation a également insisté sur plusieurs priorités stratégiques :

  • Renforcer la recherche agricole et revaloriser la recherche socio-économique afin de faciliter l’adoption des technologies par les producteurs et le secteur privé.
  • Rapprocher les institutions de recherche, les universités, les producteurs, les coopératives et les entreprises rurales.
  • Améliorer la qualité, la disponibilité et l’accessibilité des semences, en renforçant notamment l’Institut centrafricain de recherche agronomique (ICRA), l’Agence centrafricaine de développement agricole (ACDA) et l’Office national des semences (ONASEM).
  • Promouvoir une mécanisation adaptée aux zones agroécologiques et aux besoins des exploitations agricoles.
  • Développer les chaînes de valeur agricoles, agro-sylvo-pastorales et alimentaires, en mettant l’accent sur les compétences tout au long de la chaîne.
  • Encourager la transformation locale, réduire les pertes après récolte, améliorer la sécurité sanitaire des aliments et promouvoir l’alimentation scolaire fondée sur les produits locaux.
  • Renforcer la participation des jeunes, des femmes, des petits producteurs, des coopératives et du secteur privé à la transformation des systèmes alimentaires.
  • Développer l’agriculture régénérative, l’agroforesterie, la restauration des terres, la gestion durable des ressources en eau ainsi que les pratiques de résilience climatique

Sessions et échanges stratégiques

La table ronde consacrée aux investissements dans la transformation agroalimentaire en Afrique a permis à la délégation centrafricaine de souligner la nécessité d’investir dans une mécanisation adaptée, de renforcer la recherche, de développer les compétences sur l’ensemble des chaînes de valeur et de promouvoir les partenariats Sud-Sud ainsi que les partenariats Public-Privé. Les échanges ont également relevé l’intérêt de la production de soja en République centrafricaine au regard de perspectives de marché à explorer.

Lors de la session consacrée au bilan de la Facilité africaine de production alimentaire, animée par la Banque africaine de développement, le Ministre de l’Agriculture et du Développement rural a présenté l’expérience du Projet d’urgence de production alimentaire (PURPA), rattaché au projet PARSANKO.

Le PURPA vise à accroître la productivité et la production du manioc, du maïs et du riz. Les premiers éléments de bilan présentés ont mis en avant une amélioration de la production dans les zones d’intervention grâce à la mécanisation, à la disponibilité en temps utile des semences et des engrais, ainsi qu’au renforcement des capacités des structures techniques sous tutelle du Ministère, notamment l’ICRA, l’ACDA et l’ONASEM.[

La table ronde ministérielle consacrée aux enseignements tirés des vingt années d’expérience d’AGRA a permis d’aborder les effets des conflits mondiaux, des perturbations des chaînes d’approvisionnement, du renchérissement de l’énergie et des chocs climatiques sur les systèmes alimentaires africains.

La représentante de l’Agence de développement de l’Union africaine–NEPAD (AUDA-NEPAD) a souligné l’importance de la mise en œuvre nationale du PDDAA, de l’appropriation de la Déclaration de Kampala et du rôle stratégique d’AGRA dans l’accompagnement des pays. Elle a notamment insisté sur la participation des universités et des chercheurs, la mise en place de points focaux, l’intégration des engagements dans les plans nationaux, l’allocation de ressources budgétaires, la réalisation de diagnostics, le renforcement de la coordination et de la redevabilité, ainsi que l’alignement des partenaires sur les priorités nationales.[

Les expériences partagées par les ministres ont confirmé l’importance d’une approche multisectorielle. Le Rwanda a présenté son dispositif de contrats de performance associant notamment l’agriculture et les finances, tandis que le Sénégal a mis l’accent sur la modernisation des systèmes de production, la valorisation des ressources humaines, le soutien aux exploitations familiales et l’intersectorialité. Le Mali a indiqué avoir porté l’allocation de son budget national au secteur agricole à 9%.[

La table ronde avec les jeunes du Forum national centrafricain des jeunes en agribusiness et du secteur privé a permis de rappeler que les jeunes doivent être considérés comme des acteurs économiques à part entière. Ils ont vocation à intervenir dans la production, les intrants et semences, la mécanisation, l’irrigation, le stockage, le transport, la transformation, le commerce et les services numériques agricoles.

Les échanges ont souligné le besoin de renforcer les outils de financement adaptés aux jeunes entrepreneurs, notamment les fonds de garantie, l’assurance agricole, l’assistance technique, les financements climatiques et les partenariats Public-Privé. La Directrice de la Sécurité alimentaire et de la Nutrition a également participé à un panel consacré à la mobilisation de capitaux pour les PME agroalimentaires dirigées par des femmes. Les propositions portées ont concerné des garanties et lignes de crédit dédiées, l’assistance technique pour la gestion et la formalisation des entreprises, l’accès aux marchés ainsi que des mécanismes de finance mixte pour les équipements de production, de transformation, de stockage et de commercialisation.

Des partenariats à concrétiser

La délégation centrafricaine a tenu une séance de travail avec l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA), présidée par M. Siméon Ehui, Directeur général de l’IITA et Directeur régional du CGIAR pour l’Afrique, avec la participation de M. Ibnou Dieng, Directeur de la planification stratégique et Directeur de cabinet du Directeur général.

Cette réunion a permis de réaffirmer la volonté commune de réactiver la coopération entre l’IITA et les institutions centrafricaines de recherche agricole, notamment l’ICRA. Le Ministre a rappelé la collaboration historique ayant permis la formation de jeunes chercheurs, l’organisation de stages et séminaires, ainsi que la conduite de travaux sur le manioc.[

Les domaines prioritaires de coopération identifiés concernent le renforcement de la recherche agricole, la formation de chercheurs, de sélectionneurs, de techniciens et d’agents de vulgarisation, l’accès aux variétés améliorées, la multiplication rapide du matériel végétal, le développement du système semencier, la santé et la fertilité des sols, ainsi que la lutte contre les aflatoxines.

Les échanges ont également porté sur les biopesticides, l’agriculture régénérative, l’agroforesterie, la restauration des terres, la conservation de la biodiversité, les financements liés au carbone, l’entrepreneuriat agricole des jeunes et l’appui au secteur privé. L’IITA doit examiner les possibilités d’appui relatives aux biopesticides et à la multiplication in vitro de l’ananas, en mobilisant, si nécessaire, d’autres centres spécialisés ou partenaires du CGIAR.[

Les deux parties ont envisagé l’organisation d’une mission préparatoire de Dr Appolin Fotso à Bangui avant les États généraux des semences. La participation de l’IITA à ces États généraux, prévus durant la deuxième quinzaine d’octobre 2026, doit également être confirmée. Une visite d’une délégation centrafricaine pluridisciplinaire au siège de l’IITA à Ibadan est envisagée avant la fin de l’année 2026, afin d’identifier les technologies adaptées, de préciser les domaines de coopération, de finaliser une feuille de route et d’actualiser, voire de signer, un protocole d’accord.[

La rencontre avec M. Daniel Elger, Directeur exécutif de CABI, a ouvert des perspectives de coopération dans les domaines de la santé des sols, des fertilisants, de la lutte contre les ravageurs et de la nutrition à travers les filières fruits et légumes. La République centrafricaine entend relancer son processus d’adhésion à CABI. La lettre d’intérêt ayant déjà reçu l’approbation du Conseil exécutif de l’organisation, les prochaines étapes concernent les validations nationales de l’instrument d’adhésion, sa transmission à CABI et l’examen des conditions financières d’adhésion et de cotisation.

Avec les représentantes de la Coalition Faim Zéro, la délégation a examiné les modalités d’appui à la mise en œuvre de la Feuille de route nationale de transformation du système alimentaire, actualisée en 2025. La feuille de route d’opérationnalisation de la Coordination nationale du système alimentaire et de la nutrition, placée sous l’autorité de la Primature, a été identifiée comme le cadre de référence à transmettre aux partenaires techniques et financiers afin de faciliter la mobilisation des ressources nécessaires.[

La réunion avec Dr Martin Fregene, Directeur du Département de l’Agriculture et de l’Agro-industrie de la Banque africaine de développement, a porté sur les besoins de renforcement des capacités de recherche et de transformation du secteur semencier. Le Ministre a annoncé la tenue prochaine des États généraux du secteur semencier, initiative accueillie favorablement par le représentant de la BAD.

Les discussions ont abordé les semences utilisées dans les champs de démonstration, l’environnement institutionnel, les laboratoires, la loi semencière, les textes d’application à examiner et le rôle de l’ONASEM. Dr Martin Fregene a recommandé une implication accrue des jeunes et des femmes dans la production semencière et a évoqué la possibilité d’un appel à propositions relatif à la fragilité, qui pourrait faire l’objet d’un suivi par la partie centrafricaine. Aucun financement n’a toutefois été acté à ce stade.

La délégation a par ailleurs présenté la stratégie de modernisation de la transhumance, fondée sur le retraçage des couloirs, leur équipement en points d’eau et postes de contrôle sanitaire, ainsi que l’existence d’une feuille de route budgétisée. La BAD a également manifesté son intérêt pour recevoir une documentation sur l’approche de la SIAD-CA en matière d’agriculture régénérative et d’agrégation des agriculteurs.

Lors de l’entretien avec Dr Solange Uwitoze, Ministre d’État à l’Agriculture du Rwanda, les deux parties ont évoqué la nécessité de réactiver le volet économique de la convention de coopération entre la République centrafricaine et le Rwanda. Les échanges ont porté sur des pistes de coopération en agroforesterie et dans la filière piment. Compte tenu de la disponibilité de terres arables en RCA et des besoins rwandais liés au marché d’exportation du piment, des complémentarités pourraient être explorées. La perspective d’un protocole d’entente entre les deux ministères a été évoquée, mais reste à formaliser.

La rencontre avec Mme Bettina Iseli, Cheffe de programme au niveau global de Welthungerhilfe (WHH), a permis de rappeler les priorités du Ministère : les États généraux du secteur semencier, le développement d’une mécanisation adaptée aux zones agroécologiques et la création d’une Agence centrafricaine de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Mme Bettina Iseli a salué la qualité de la collaboration entre le MADR et le bureau pays de WHH, ainsi que l’alignement des interventions de l’organisation sur les priorités nationales. Elle a également encouragé l’accélération de l’opérationnalisation de la Coordination nationale du système alimentaire et de la nutrition.

Enfin, la délégation a échangé avec Mr Haile Mariam Dessalegn, Président du Conseil d’Administration d’AGRA et ancien Premier Ministre d’Ethiopie. Cette rencontre a confirmé l’importance d’une préparation technique rigoureuse des projets à présenter aux partenaires et bailleurs. AGRA pourrait accompagner cette démarche de maturation des projets.

  1. Jean-Luc TETE y a présenté l’approche de la SIAD-CA fondée sur l’agriculture régénérative, l’agrégation des producteurs et la valorisation du soja. L’utilisation du soja à la fois comme fertilisant et comme source de revenus à court terme pour les producteurs a suscité l’intérêt d’AGRA. Mr Haile Mariam Dessalegn a encouragé la diffusion de cette approche au-delà de la RCA et la prospection d’opportunités liées au marché chinois du soja. Il a également exprimé son intention de diligenter une mission en République centrafricaine pour réaliser un diagnostic, favoriser le partage d’expériences et explorer des opportunités permettant de mieux positionner le pays auprès des investisseurs. Cette mission demeure à confirmer et à préparer avec les parties concernées.

Des suites orientées vers l’action

La participation de la République centrafricaine au Forum de Kigali a permis de renforcer la visibilité des priorités nationales et de faire progresser plusieurs perspectives de coopération. Les prochaines étapes devront permettre de traduire ces échanges en résultats concrets au bénéfice des producteurs, des jeunes, des femmes, des coopératives et des entreprises rurales.

À court terme, il s’agira notamment de finaliser l’organisation des États généraux du secteur semencier, de désigner les points focaux pour le suivi de la coopération avec l’IITA, de confirmer les missions et participations envisagées, de poursuivre le processus d’adhésion à CABI et de finaliser la feuille de route d’opérationnalisation de la Coordination nationale du système alimentaire et de la nutrition.

La préparation de notes conceptuelles, de projets structurants et de dossiers de mobilisation de ressources auprès de la BAD, de l’IITA, d’AGRA, de WHH, de la Banque mondiale, de l’Union européenne et d’autres partenaires constituera également une priorité.

La République centrafricaine réaffirme ainsi son ambition de faire de son potentiel agro-sylvo-pastoral un moteur de production, de sécurité alimentaire, de création d’emplois, de valeur ajoutée locale, de croissance inclusive et de résilience durable.

Une clôture tournée vers la mise en œuvre

La cérémonie de clôture du Forum s’est tenue le 4 septembre 2026 dans le cadre de l’Africa Food Festival, marquant l’aboutissement de cinq jours d’échanges dédiés à l’investissement agroalimentaire, à l’innovation et à la transformation des systèmes alimentaires africains.

La clôture officielle a été présidée par le Dr Télesphore Ndabamenye, Ministre rwandais de l’Agriculture et des Ressources animales. Dans son intervention, il a invité les participants à traduire les engagements pris à Kigali en actions concrètes dans leurs pays respectifs, tout en réaffirmant le rôle de la Déclaration de Kampala comme cadre de référence pour la transformation agricole africaine.

Cette séquence finale a également été marquée par l’annonce des lauréats du concours GoGettaz Agripreneur Prize 2026, dédié à l’entrepreneuriat agricole, illustrant la place accordée aux jeunes innovateurs et aux entreprises agroalimentaires dans la transformation des systèmes alimentaires du continent

Un appel à l’action pour accélérer l’investissement agricole

L’appel à l’action issu du Forum de Kigali invite les États, les institutions financières, les investisseurs, les partenaires techniques et les acteurs du secteur privé à mobiliser 100 milliards de dollars américains d’ici à 2035 afin d’accélérer la transformation de l’agriculture et des systèmes agroalimentaires du continent.

Cet appel met notamment l’accent sur :

  • La mobilisation de financements publics et privés, avec l’implication des banques de développement, des fonds souverains et des investisseurs institutionnels.
  • La création d’emplois pour les jeunes à travers l’entrepreneuriat, les technologies numériques, l’agritech et l’innovation.
  • Le développement de pratiques agricoles durables et résilientes face aux effets du changement climatique.
  • Le renforcement du commerce régional des produits agricoles stratégiques, notamment à travers les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine.
  • L’amélioration du suivi, de la redevabilité et de la mise en œuvre effective des engagements pris par les gouvernements et les partenaires.

Cet appel rejoint les priorités défendues par la République centrafricaine lors du Forum : accroître la production vivrière, renforcer les systèmes semenciers et la recherche, soutenir les jeunes et les femmes, développer la transformation locale, moderniser les chaînes de valeur agro-sylvo-pastorales et mobiliser des partenariats structurants pour la sécurité alimentaire et la résilience

Repères

  • Événement : Forum sur les systèmes alimentaires africains (AFSF 2026)
  • Lieu : Kigali, Rwanda
  • Période : 31 août au 4 septembre 2026
  • Thème : « Investir dans les systèmes agroalimentaires africains : créer des emplois, nourrir les nations et renforcer la résilience »
  • Délégation centrafricaine : conduite par le Professeur Emmanuel MBETID-BESSANE, Ministre de l’Agriculture et du Développement rural
  • Priorités portées : recherche, semences, mécanisation adaptée, production vivrière, transformation locale, financement, entrepreneuriat des jeunes et des femmes, résilience climatique et partenariats internationaux.
Admin: Fortuné NGREMALE

INSTANTS IMAGES: LES RENDEZ-VOUS BILATERAUX AVEC LES PARTENAIRES TECHNIQUES ET FINANCIERS PRESENTS AU FORUM

Jour 1: La visite du stand de la RCA/SIAD-CA

Présentation à l’ancien premier ministre du Niger, Dr MAYAKI, PDG de l’AGRA et avec l’ancienne présidente de l’AGRA

Rencontre avec l’ancien premier ministre du Bénin, Mr Lionel ZINSSOU

Rencontre avec l’équipe de l’IITA

Rencontre avec la coordonnatrice de la coalition faim zéro

Visite au stand de WHH

Jour 2: Session BAD, évaluations projets PURPA

Rencontre avec le groupe CABI

Table ronde ministérielle, déclaration de la RCA

Jour 3: Interview du Ministre Centrafricain de l’Agriculture et du Développement Rural

Table ronde avec les représentants des jeunes entrepreneurs de l’agribusiness de la RCA

Rencontre avec le DG du forum Mr Pathe Sene

Rencontre avec la Ministre d’Etat à l’Agriculture du Rwanda

Rencontre avec la Cheffe de programme au niveau global de WHH

Rencontre avec le Directeur du département Agriculture et ago-industrie de la BAD

Rencontre avec Mr Haile Mariam Dessalegn, Président du Conseil d’Administration de AGRA et l’ancien Premier Ministre d’Éthiopie.